Après le choc des annulations, il est temps de faire le point sur les changements opérés au sein de l'organisation d'Ubisoft. L'éditeur semble enfin finaliser sa restructuration.
C'est un chantier qui a débuté il y a déjà plusieurs années. Après la crise de la COVID-19, Ubisoft a bien réfléchi à sa stratégie. Il a également opéré un rapprochement de taille avec le géant chinois Tencent. Tout cela a abouti à la fondation de sa première maison créative (« Creative House ») l'an dernier. Mais ce n'est là que le début. Un nouvel acte vient de s'ouvrir dans l'histoire du géant français.
Une nouvelle direction pour Ubisoft en 2026
L'éditeur français né en Bretagne en a fait du chemin depuis ses débuts au milieu des années 1986. Avec un catalogue solide, rempli de titres qui ont marqué l'histoire du médium vidéoludique, Ubisoft est un acteur majeur de l'industrie. Seulement, il traverse une crise identitaire depuis quelques années dans un monde où les technologies, les marchés et le public évoluent.
Dans ce contexte de mutation, Ubisoft a décidé d'opérer des changements profond dans son organisation et sa stratégie, ce qui vient d'aboutir à l'annulation de 6 jeux, dont le remake de Prince of Persia Les Sables du temps. Voulant continuer à s'imposer dans un environnement concurrentiel, notamment dans le domaine des shooters, il tend à vouloir davantage mesurer ses investissement sur un « marché AAA durablement plus sélectif », pour reprendre les termes du communiqué de presse officiel.
C'est pourquoi Ubisoft lance dès ce mois de janvier 2026 un « nouveau modèle de création de valeur ». Il prône alors un recentrement qui doit profiter à l'expérience des joueurs en associant plus efficacement les équipes selon leur domaine d'expertise des genres spécifiques. Ce chantier a déjà pu démarrer en 2025 et Ubisoft espère bien qu'il portera ses fruits sur le long terme, car, comme indiqué, « un contenu AAA exceptionnel présente un potentiel financier plus important que jamais ».
Dans cette optique, Ubisoft annonce désormais se concentrer plus sérieusement sur les « jeux d'aventure en monde ouvert et les expériences natives Games-as-a-Service » (aussi appelés « jeux-service »). Cela passera par une « spécialisation accrue » et des « technologies de pointe ». C'est pourquoi l'éditeur français prévoit d'investir de façon conséquence dans l'« IA générative orientée vers les joueurs ». Selon son usage, ce dernier point qui risque de faire débat auprès de l'industrie et du public alors que le sujet a encore fait polémique aux Indie Game Awards.

Des maisons créatives pour encadrer les licences
Ubisoft cherche donc à mieux répartir ses équipes. Dorénavant, elles seront rassemblées selon leur spécialité sur un genre de jeu précis. Pour structurer tout cela, l'éditeur a mis en place des « Maisons créatives », ou « Creative Houses » (CH) comme il les appelle, afin d'encadrer chacune plusieurs licences qui ont des similarité.
À la suite du rapprochement d'Ubisoft avec Tencent, nous avions appris la fondation de la CH Vantage Studios l'an dernier. Ce n'était là que le commencement et nous attendions de savoir quelles autres structures seraient mises en place. L'éditeur a finalement dévoilé l'organisation hier. Ce sont ainsi 5 maisons créatives qui voient le jour avec leur domaine de prédilection et les licences qui vont avec :
- Vantage Studios | Licences majeures aux revenus annuels dépassant le milliard d'euros (Assassin's Creed, Far Cry, Rainbow Six)
- Jeux de tir compétitifs et coopératifs (The Division, Ghost Recon, Splinter Cell)
- Expériences live ciblées et à forte identité (For Honor, The Crew, Riders Republic, Brawhalla, Skull & Bones)
- Mondes fantastiques immersifs et aux univers narratifs (Anno, Might & Magic, Rayman, Prince of Persia et Beyond Good & Evil)
- Jeux casual et familiaux (Just Dance, Idle Miner Tycoon, Ketchapp, Hungry Shark, Invicible Guarding the Globe, Uno, Hasbro)

Pour assurer la bonne conduite des projets, Ubisoft assure que chaque maison « bénéficiera d’un leadership dédié, disposant d’un mandat créatif clair et d’une responsabilité forte sur les résultats ». Comprenez par là qu'elles auront la main sur leur portefeuille, ce qui, en théorie, doit permettre une plus grande liberté créative. Enfin, elles auront le soutien du Creative Network, un réseau collaboratif structuré pour accompagner les divers développements, et des Core Services, qui sont là pour garantir l'« excellence opérationnelle » et aider à la mise en place des « technologies mutualisées ».
Source : Communiqué de presse d'Ubisoft.